Le Pont d’Artigues

Présentation

Le pont d’Artigues inscrit au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO, passage du chemin de Saint Jacques de Compostelle traversant le vignoble gersois.  Il traverse les appellations Côtes de Gascogne, Côtes de Gascogne Condomois, Armagnac, Floc de Gascogne.

Le pont : élément historique

Si l’on a voulu donner au pont des origines très anciennes, l’on ne peut que constater que le pont tel que nous le voyons aujourd’hui présente plus une facture classique que médiévale, voire antique. D’ailleurs aucun auteur contemporain ne se risque à lui donner plus qu’une origine médiévale dans son implantation.

Aucun élément antique gallo-romain n’a été identifié. Sur un cliché de 1888, une voie soigneusement empierrée mais dégradée, franchit le pont. La continuité de cette voie sur les berges indique la contemporanéité du pont et de la voie.

Le pont est connu au Moyen-Âge, mais aucun élément de structure médiévale n’est formellement identifié.

Le pont est en ruine en 1723 et quasiment reconstruit en 1724. En 1888 le pont est en très mauvais état d’après un cliché de Monsieur Philippe Lauzun (parapet en gros moellons quasiment disparu, sédimentation en rive droite des deux arches, marque de submersion presque jusqu’en haut de l’arche principale). D’après l’Abbé Breuils à la fin du XIXème siècle les parties hautes du pont sont ruinées.

En 1952, les balustrades du pont sont remplacées par des planches en bois depuis plusieurs années, sans plus d’informations. En 1954, « La balustrade en pierre (est) projetée dans la rivière ». Des travaux de réparation sont effectués en 1954 et en 1957.

La persistance du lieu de passage

Sur la voie romaine

Le pont d’Artigues est réputé être établi au point de franchissement de l’Osse par la voie romaine reliant Agen à Eauze et Aire-sur-Adour. Plusieurs villas gallo-romaines disséminées sur cet axe en attesteraient l’existence. Cependant aucune fouille ou sondage aux alentours du pont ne sont jamais venus le confirmer formellement. Sans que cela n’infirme l’existence d’un point de passage sur l’Osse en ce lieu à cette période, la construction d’un pont dans le lit mineur constitué de sédiments a peu probablement laissé des vestiges.

Sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle

Le lieu-dit Dartigue (ou de Lartigues) entre dans l’histoire après l’invention du tombeau de Saint Jacques le Majeur à Compostelle en Galice au début du IXème siècle. Avec l’essor spectaculaire du pèlerinage, le pont est cité comme point de passage des pèlerins.

Le lieu revêt alors une certaine importance avec l’établissement d’un hôpital pour pèlerins tenu par l’Ordre des Chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, au XIIème siècle, dont il ne subsiste aucune partie ni représentation. En 1254, le lieu devient une commanderie cédée aux Chevaliers de l’Ordre de Saint-Jacques de l’Epée Rouge, puis quinze ans plus tard, aux Chevaliers de Saint-Jacques de la Foi.

L’apogée des chemins jacquaires se situe entre les X et XIVème siècles. Suit une période de long déclin marquée par les crises du XIVème siècle, et l’insécurité durant la Guerre de Cent Ans aux XIV et XVème.

A la Renaissance, époque des conflits religieux du XVIème, le pèlerinage a quasiment disparu.

C’est durant ce déclin que les alentours d’Artigues acquièrent une réputation de lieu mal famé : «rendez-vous de coupe-jarrets », tombe isolée d’un voyageur passant pour être assassiné, et les ruines de la commanderie servent de « repaire à de certains cartouches gascons ».

Entre l’Armagnac et le Condomois

Il faut attendre le XVIIIème siècle pour retrouver une documentation précise et constater qu’il revêtait encore une certaine importance. Dans les documents relatifs à sa reconstruction en 1724, il est décrit comme « un pont assez considérable sur la rivière Losse, dont une partie est tombée et dont l’autre menace ruine. Le pont sert à la communication d’une partie de l’Armagnac et du Condomois ».

La carte de Cassini (1760-1789) montre une route franchissant l’Osse au lieu-dit Dartigues, avec une patte d’oie rive Ouest vers Montréal, Gondrin et Lauraët, et une route unique en rive Est vers Condom. Le pont d’Artigues était un point de passage obligé.

Reconnaissance locale et valeurs morales

Ce petit pont isolé tient une place mesurée dans les représentations patrimoniales locales. Il profite pourtant d’une reconnaissance discrète entretenue par les amateurs d’histoire locale, et notamment l’association Artiga qui alerte depuis de nombreuses années les pouvoirs publics quant à la nécessaire restauration de ce bien.

En effet, outre les dispositifs de protection dont il bénéficie, le pont d’Artigues est promu comme un élément emblématique du patrimoine local et prend toute sa place dans la communication touristique.  Ce lieu qui ne manque pas d’attrait, dispose en soi d’une valeur culturelle et patrimoniale qu’il convient de révéler à la population locale.

Description de l’ouvrage

L’ouvrage mesure 32 mètres de long et 3,90 mètres de large. La composition du pont est asymétrique. Il est formé de 4 arches : une grande arche en plein cintre surbaissé encadrée par deux petites arches en plein cintre surhaussé, et une arche en plein cintre supplémentaire rive droite. Les parements sont composés de pierres de taille assisées. Les parapets reconstruits au XIXème siècle sont enduits sur leur face intérieure. Le tablier est en dos d’âne.

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